Editions Le Bateau Ivre

Littérature française moderne et contemporaine

Embarquer sur Le bateau ivre, c’est à coup sûr, d’une allure hésitante et sinueuse, tenter de rejoindre l’horizon
pour voir ce qu’il y a derrière cette ligne qu’on dit imaginaire.
Sans doute parce qu’elle se dérobe au voyageur et s’enfuit aussitôt qu’il s’approche.
On ne sait jamais vraiment là où elle est.
Parfois même il arrive qu’elle se laisse surprendre, au point qu’on la franchisse, sans même s’en rendre compte.

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Vient de paraître

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Lionel-Édouard Martin, Roxane (roman)

Collection Vert nuit, 224 pages, 20 €
9791092622546, distribution Sodis

Nous, notre petit groupe, notre « petit cénacle » ainsi qu’on l’appelle, on a d’autres habitudes, plus, comme dirait l’autre, sélect, parce qu’on n’est pas tout à fait de la même clique, qu’on est d’ici pour y être de retour après avoir mené nos barques ailleurs et pas mal de bourlingue : revenus pour mourir avec délicatesse où nous sommes nés, boucler la boucle genre Kinder surprise avec à l’intérieur des tas de petites choses, menus plaisirs, pêche à la ligne, champignons, conviviales mangeailles, la maison de famille, vaste bâtisse en général retapée confortable, jardin, pelouse. Menant des vies de patachons, retraites nutritives, bande passante abondante, genre bourgeois-bohèmes des champs, caves profondes, animaux de compagnie.[...]

Pour ça qu’on rigole, donc, lichant notre apéro, tandis qu’il cause, le maire, notre ami maire, avec l’énergumène et qu’on l’entend causer, Pierre, comme un qui n’aurait guère fréquenté l’école, singeant l’analphabète plouc tel que le gars doit se le figurer dans sa grosse tête d’urbain – ça serait bien Parisien tête de chien, Parisien tête de veau, côté Montreuil possible ou la toute proche banlieue, ça sent le loft et les mensualités très croque-salaire pour finalement pas grand espace tandis qu’à la campagne.

Tandis qu’à la campagne, oui. Ça, pour l’espace, on est gâtés : le bourg, ce sont de vieilles demeures hautes de plafond, jardins, parcs derrière façades sur deux ou trois niveaux ; dès qu’on sort des quelques rues – l’affaire de deux ou trois minutes –, c’est l’immensité de la nature avec des champs, des bois, pièces d’eau, fermes, la respiration gargantuesque où les nuages sont des poumons, les branches : des bronches, sang noirâtre éclairci constamment par ces souffles, vents d’Atlantique ou plus âprement du nord. Et donc c’est ça, l’espace, qui généralement les intéresse, ces zigs : toujours le même profil, approchant de la quarantaine, des mioches, travaillant dans la communication, des start up, gagnant pas mal leur pitance puis un matin ça les prend genre colique, ils se mettent à exécrer leur univers, ont des envies de chevaux (de chevaux !), de gîtes, d’échapper à sait-on quelle menace, ça veut du lait au pis des vaches, élever des chèvres, cultiver son jardin.

L'auteur

Le livre peut être commandé en librairie ou bien ici

(Illustration : Félix Vallotton)

 

Vient de paraître

Jean-Michel Devésa,
Scènes de la guerre sociale

Du 2 février au 8 juin 2019, Jean-Michel Devésa, professeur des universités et écrivain, s’immerge dans les manifestations des Gilets Jaunes et rapporte le soir-même ou le lendemain sur un réseau social l’intensité des événements relatés et des émotions ressenties. Ces pages n’ont donc pas vocation à être considérées comme un document sociologique. Le discours politique n’est pas ici premier. Il ne s’agit pas d’un tract mais d’une œuvre littéraire, dont l’esthétique mobilise la violence faite au code et aux habitudes linguistiques, de façon que le lecteur entrevoie la violence affrontée chaque samedi dans la rue.

Collection Amarante, 152 pages, 18 €

9791092622539, distribution Sodis

Voir la vidéo de la librairie Mollat

Voir l'article de Christiane Chaulet-Achour dans DIACRITIK

Voir l'entretien de Jean-Michel Devésa avec Philippe Chauché dans La Cause Littéraire

Sont parus récemment

À dos de chat ailé,
en mémoire de Cécile Delalandre
(ouvrage collectif)

Collection Amarante, 344 pages, 24 €
9791092622522, distribution Sodis

Cécile Delalandre s’est éteinte le 21 août 2019, laissant une œuvre d’une beauté singulière.
Pour le premier anniversaire de sa disparition, cet ouvrage rassemble :
- les témoignages de parents et d’amis, proches ou lointains,
- des extraits de ses œuvres choisis par elle,
- les entretiens qu’elle a donnés et les recensions que ses ouvrages ont suscités,
- une bibliographie très complète, augmentée de ses publications sonores,
- un album de photos.

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On en parle

Yannick Kujawa, Toujours l'inconnu

Préface de Patrick Varetz
Collection Vert nuit, 168 pages, 18 €
9791092622515, distribution Sodis

Une bibliothèque des Mines, dans le Pas-de-Calais. Marguerite Duras est venue à la rencontre des habitués du lieu. Dans un coin de la pièce, tourne un magnétophone portatif, de marque Nagra. L’émission sera diffusée sur France Culture. Elle fera partie d’une série intitulée « Pour lire à la veillée ». On est en 1967.
« Yannick Kujawa, qui publie ici son cinquième livre, témoigne toujours de la même humilité face à la littérature, un peu à l’image de ses personnages. Il avance sans esbroufe parmi les mots, presque sur la pointe des pieds, sans particulièrement chercher à embellir les phrases. Ce qui lui importe dans cette histoire, je crois, c’est de restituer avec justesse la voix des gens modestes, comme il était déjà parvenu à le faire dans ses deux précédents romans. »

On en parle

Patrick Tillard, Un désir extrême

Collection Vert nuit, 432 pages, 26 €
9791092622508, distribution Sodis

Il ne se souvenait d’aucun détail de sa délivrance, malgré tout il cherchait une certaine clarté et peut-être même des yeux graves pour le comprendre, espoir d’une présence parfaite de la poésie, conquêtes extérieures, envol de l’imagination, fleurs qui ruissellent et se brisent ; les mots survenaient comme des oiseaux noirs. C’était une piste du récit. Persévérer dans la parole voilà le terme à privilégier, continuer, s’affermir, trajectoire qui n’était pas la plus aisée et dont il ne savait à vrai dire encore rien en dehors d’un coup de rein narratif raisonnablement salvateur.

On en parle

Cécile Delalandre, La Bézote,
suivi de Reste la forêt

Préface de Lionel-Édouard Martin
Collection Vert nuit, 152 pages, 18 €
9791092622492, distribution Sodis

Cécile Delalandre a ce talent d’écrire comme personne, me semble-t-il, n’écrit aujourd’hui, de créer par les mots ‒ matière, non pas outils, de son écriture ‒ un univers d’une irréalité toute poétique. Ses procédés vivants rappellent un peu ceux d’un Max Jacob, d’un Michaux sans doute, voire d’un Jean-Pierre Verheggen : rien de naïf, en tout cas, ni de spontané, ni d’artificiel pour autant, dans cette rhétorique (au sens d’art d’écrire) délectable où se révèle en sourdine une belle érudition littéraire, nourrie de lectures ‒ Ponge, Rimbaud, Céline… ‒ rappelées en clin d’œil, voire convoquées et allègrement pastichées. On rit, on sourit, on s’émerveille devant cette aptitude, comme le dit peu ou prou Guillevic dans un de ses poèmes les plus célèbres, à « tirer parti des mots », à écrire une littérature qui ne résulte pas d’une simple activité de rédaction mais d’écriture : preuve, s’il en fallait, qu’une oeuvre belle peut être drôle, et que l’humour, dès qu’il est fin, n’est pas l’ennemi de l’esthétique – et encore moins de la poésie.
Lionel-Édouard Martin

On en parle

 

À paraître

Lionel-Édouard Martin, Roxane

Hans Limon, Du temps que j'étais mort

Jacques Perry, Le Minotaure ou l'amitié selon Picasso, suivi de Le Marabout

(Dominique Hoffer, Les Secrets d'enfants, huile sur toile)

 

Bon à savoir

Libraires

Les ouvrages publiés par les Éditions Le Bateau Ivre sont distribués par la Sodis depuis l'été 2016. Les ouvrages antérieurs le sont toujours directement par Le Bateau Ivre.

Manuscrits

Nous ne recevons pas de manuscrits.

 

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