Alexandre Vialatte (1901-1971)

Vialatte et l’Auvergne.

Lui que l’on dit très auvergnat, n’aura fait que de courts séjours dans cette région. Tous déterminants. A l’adolescence,  il séjourne à Ambert. Se lie d’amitié avec les frères Pourrat. Henri, l’aîné, le maître ; Paul,  l’ami que la tuberculose emporte très jeune. Cette période sera pour lui une source inépuisable d’images, de savoir et de fantaisie : « Paul, souviens-toi des jeudis obscurs dans ce magasin plein de merveilles où nous inventions des bonheurs. Il y avait des tigres en verre rouge, des éléphants verts, des chats bleus (...) Dans le dépôt qui sentait le café, nous jouions aux cartes sur un tonneau d’épices ; nous fumions des pipes en terre (...) sur les caisses balances, les renseignements en diagonales étaient écrits en anglais. » (préface de Battling le ténébreux).  Deuxième séjour, pendant la guerre à Saint-Amant-Roche-Savine, où il écrit Le Fidèle Berger.

Vialatte et Paris.

La ville où il aura vécu le plus longtemps. En 1934, il s’installe rue de Broca, « Ma maison se dresse en face (de la prison de la Santé). Toute seule. Elle est haute et battue par les vents ; on dirait la maison du crime. L’un de ses murs, qui ne présente aucune autre ouverture, est percé d’une porte-fenêtre qui ne correspond à nul étage, et n’existe qu’à l’extérieur. C’est le plus grand mystère du XIIIe arrondissement ». Il côtoie les milieux artistiques et littéraires. En 1966, il déménage pour une résidence moderne qui ne lui convient guère. Il ne défera jamais ses cartons.

Vialatte et La Montagne.

Ou comment un auteur bâti une part essentielle de son oeuvre,  en étroite relation avec un quotidien. Sur presque 20 ans, il donne près de 900 chroniques. La première paraît le 9 décembre 1952, la dernière le 25 avril 1971. Elles sont disponibles en Bouquins Laffont (2 volumes), préface de Charles Dantzig.

Vialatte et Kafka.

En 1922, Vialatte part pour Mayence et travaille à la Revue Rhénane, dont le but est de rapprocher les deux peuples, par-delà le Rhin. En 1925, il découvre les écrits de Kafka (1883-1924) « Il neigeait. Le facteur ouvrit la porte. Il ressemblait à l’arbre de Noël. C’était le vrai facteur allemand (...) il riait comme un ogre, il avait l’air d’avoir fondé lui-même l’Empire Allemand. Un fondateur, voilà la chose (...) Il posa sur ma table, avec une main poilue, un paquet de la taille et de l’épaisseur d’une brique. Quel monument voulait-il bâtir ? J’ouvris, c’était Le château de Kafka » (Mon Kafka, Les Belles Lettres). Il en traduira les principaux titres, Le Procès, La métamorphose, L’Amérique, La Colonie pénitentiaire, etc… Mais il traduira aussi Nietzsche, Thomas Mann, Brecht, Goethe, von Hoffmanstahl, Gottfried Benn, Franz Werfel...

Vialatte et la postérité.

En 1968, Vialatte participe à L’invité du dimanche, sa première émission de télévision. Il se dit « notoirement méconnu ». Après sa mort, Subervie publie très vite des Entretiens (1976), mais il faut attendre 1981 et la publication d’Alexandre ou la complainte d’un enfant frivole (Lattès),  la biographie de son amie Ferny Besson, pour qu’on le redécouvre.  Ensuite,  paraîtront de nombreux volumes : ses chroniques, sa correspondance, ses romans inédits et d’abondants ouvrages sur lui. Le cercle des amateurs ne cesse de grandir depuis.  Pour l’anecdote en 1951, Les fruits du Congo a de chauds partisans au Goncourt. Il figure sur la dernière sélection. Finalement, Julien Gracq l’emporte avec Le rivage des Syrtes (J. Corti)  et  le refuse. Comme il l’avait annoncé.


Les éditions Le Bateau Ivre ont publié d'Alexandre Vialatte, "Étrangers de Paris", 2017.

Blog de l'association des amis d'Alexandre Vialatte : http://amisdevialatte.blogspot.com/

 

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