Michel Gros-Dumaine

Psychanalyste et écrivain

Yannick Kujawa, Toujours l'inconnu

Tout bêtement parce que ce n'est pas sur le chemin des vacances.

Marguerite Duras

                                                                 

Toujours l’inconnu. Mots-lames. Ils font le titre du dernier livre de Yannick Kujawa. Ils charrient en leurs multiples résonances la puissance du Réel quand il vient faire trace, en nous, d’un manque à Être. 

Toujours l’inconnu n’a pas en charge la résolution des apories de la phénoménologie heideggérienne, mais il manifeste, dans le souci des êtres-personnages où s’enracinent les préoccupations de l’auteur, l’humilité nécessaire à une compréhension plus claire de notre réclusion dans le là de l'Être.

Ce souci, cette humilité sont d’ailleurs constants depuis Sommes, Elle dit, et Haak dans ce qu’il convient désormais d’appeler une œuvre, une œuvre soucieuse de faire surgir les voix étouffées du monde minier. 

Hélène, Myriam, Czeslaw, Charles, Jean, Michel, Henri comme sept mercenaires venus défendre/colorier une mondanéité, pensée par d’autres comme une sombre histoire couleur de houille. 

S’il est difficile après coup de saisir le sens de l’émission “Pour lire à la veillée” (diffusée le 2 décembre 1967 sur France Culture) tout autant que le spectacle politicien de Giscard d’Estaing dinant chez l’habitant quelques années plus tard, la réappropriation de cet instant radiophonique comme prétexte à l’écriture de Toujours l’inconnu s’annonce comme un acte politique dont s’honore la littérature quand elle est plus qu’une distraction. Un travail littéraire pour que le destin terrible de cette phrase mise dans la bouche de Michel n’advienne pas: Un jour, nos histoires ne seront plus que des histoires de fantômes.

Vous n'en avez pas terminé, Madame.

Henri

 

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