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  • Le Bateau Ivre

Carnaval éditorial

À paraître le 21 août :

À DOS DE CHAT AILÉ, EN MÉMOIRE DE CÉCILE DELALANDRE

(ouvrage collectif)

collection Amarante, 344 pages, 24 €

9791092622522, distribution Sodis


C’était peut-être il y a une dizaine d’années, sur le site collaboratif qu’avait créé Léo Scheer, et qui s’appelait m@nuscrit. Chacune et chacun y exportaient ses textes, à intervalles réguliers nous votions pour l’un d’entre eux pour qu’il soit publié sous forme papier. Ce qui faisait l’intérêt de cette plateforme était son forum, nous échangions, sous pseudo(s) ou pas, à propos des textes mais pas seulement. Disons que le spectre de nos « conversations » était beaucoup plus large. Une communauté férocement branchée littérature, où il n’était pas rare d’être gêné aux entournures. Mieux valait ne pas être en sucre. Compliments bienveillants, lectures critiques pointilleuses, traits d’ironie cinglante, trollings intempestifs, rafales d’injures, posts surréalistes, débats houleux, mini-manifestes esthétiques, il s’y passait toujours quelque chose, quelque chose se produisait dont, on ne sait trop comment, le trou noir de la littérature restait le centre. Une espèce de carnaval éditorial. Avec le recul je me dis qu’il y avait là, dans cette expérience, quelque chose de profondément libertaire.

J’ai le souvenir que Cécile était l’un des membres les plus actifs de cette invraisemblable communauté. Et je ne me souviens pas qu’elle ait été jamais publiquement bousculée. Cécile fut à mes yeux l’une des lumières les plus délicates, les plus fortes, et les plus élégantes de m@nuscrit, et sans doute les autres pensaient de même car, même parmi les plus virulents, les plus sarcastiques, personne n’osait s’en prendre ni à sa personne ni à ses textes. Je crois que chacune et chacun respectaient son intelligence, sa délicatesse, sa force de caractère, et son talent. En tout cas j’aime à le penser.

Yannick Kujawa


Cela remonte à une grosse dizaine d’années : j’avais, à cette époque, repris les rênes d’une épaisse revue littéraire, L’Arsenal, qui, forte de quelques succès d’estime, drainait quantité de textes d’auteurs francophones plus ou moins connus parmi lesquels le comité de lecture devrait choisir ceux qui feraient l’objet d’une publication dans le prochain numéro. (...)

Je crois avoir été le premier membre du groupe à tomber, littéralement, sur Tess et Raoul, que nous avait envoyé, très modestement, Cécile Delalandre (...) La teneur d’un texte, sa spécificité, se devinent très vite, dès l’abord : un peu comme l’odeur d’un vin prédit ce qu’il sera sur les papilles. Là, les choses étaient claires, on avait affaire à un grand crû (...) dont on fait partager l’excellence à ces autres compagnons de voyage qui, tout aussi enthousiastes, jugeront à l’unanimité qu’il mérite amplement L’Arsenal.

La publication, malheureusement, ne devait jamais voir le jour. Pour des raisons matérielles, la revue dut s’arrêter (...) C’est plus tard (en 2015) et ailleurs (aux éditions Le Bateau Ivre), que Tess et Raoul, précédé de Breuilles fut édité.

Lionel-Édouard Martin


La rencontre. Notre première rencontre bordelaise, comme une dérive dans les rues de la ville, au prétexte d'une promotion dans quelques boutiques de nos deux premiers livres publiés. Nous nous moquions de ce simulacre à nous prétendre les commissionnaires patentés de ces textes que nous avions déjà remisés dans les méandres de l'oubli. Le monde littéraire, où nous nous étions naïvement projetés, n'avait pas encore livré à notre entendement toutes les subtilités de ses pauvres exigences. Nous avions bien quelques pressentiments qui, ce jour-là, nous ont permis de maintenir une distance, d'oublier le chemin à suivre pour être des écrivains. Basta ! Nous avons ri, nous avons bu et mangé dans d'incessants bavardages, sans autre but que cette présence de deux êtres jetés dans le monde, sans rien.

Michel Gros-Dumaine




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