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Jacques Perry, Bel et moi

Postface d'Hans Limon

Un texte bref, écrit par un vieil homme qui va bientôt mourir et ne supporte pas de vieillir dans le regard de la jeune femme qu'il aime, et qui l'aime. Il invente donc un stratagème, grâce auquel il aurait à la fois le verbe de Cyrano et le charme de Christian, pour la séduire une dernière fois.

Le patriarche offre en effet à sa jolie épouse le corps vigoureux d'un auteur débutant pour la distraire de tout ce qui l'afflige, lui, et qu'il tourne en dérision: le gâtisme, la neurasthénie, la décrépitude, la flaccidité, l'obsolescence (il ne comprend rien à son époque, à internet) et l'épuisement de se survivre. «Bel et moi» est aussi l'ultime confession d'un lovelace à la tignasse blanche qui se définit comme un «monogame à répétition».

Cinq fois marié, il avait fini par s'établir avec une Hongroise, de quarante ans sa cadette et prénommée Katalin (la Julie du livre), qui avait traduit «l'Ile d'un autre» dans la langue de Kertész et allait le «sauver». Comment ne pas être ému par cette fantaisie grave, cette sotie mélancolique, avec laquelle, avant de s'éclipser, un écrivain qui eût voulu être peintre dit adieu à celle dont la beauté n'a d'égale que «la virginité d'âme». Jacques Perry est mort en la désirant. Il est donc bien vivant.


Jérôme Garcin (L'Obs)


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