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  • Le Bateau Ivre

Ma tante de la radio

À paraître le 21 août :

À DOS DE CHAT AILÉ, EN MÉMOIRE DE CÉCILE DELALANDRE

(ouvrage collectif)

collection Amarante, 344 pages, 24 €

9791092622522, distribution Sodis


Je me souviens de Cécile, ma grande sœur, toujours curieuse de ce que je faisais, me glissant à l'oreille des petites bêtises à faire ou à oser faire avec un sourire malicieux et une tendresse retenue… Ses retours à la maison étaient pour moi souvent source de surprises et inattendus. Je sentais bien qu'elle était curieuse de tout ce qui chez l'autre concourait à son épanouissement ; elle encourageait la résistance et l'initiative. Elle-même semblait vouloir la vie de l'instant, au jour le jour, ce qui ne fut pas toujours simple... (...)

Elle avait besoin de nous, ses frères et sœurs, ses proches. Comme un point d'ancrage... Elle y puisait sa force, s'y ressourçait.

Benoit Delalandre


Ma tante, comme à son habitude à ce moment-là, je pense, ne passait pas beaucoup de temps chez elle, mais habitait à « la radio », dans les rues des villes où elle travaillait et avec ses amis et connaissances… Elle avait besoin de contact et existait grâce à cela.

Elle m’emmenait donc avec elle, de petit enfant à presque ado.

J’y découvrais le métier d’animateur radio, de journaliste, de programmateur, de technicien… Sa passion ! (...)

Je la suivais lorsqu’elle avait besoin d’aller questionner une personne en particulier, ou les passants dans les rues. Armée de ses enregistreurs à bande, les Nagra, elle recueillait les propos, les réponses aux questions, les confidences. De retour à la station, elle écoutait et ré-écoutait ces trésors, et les travaillait pour en tirer l‘essentiel, la substance, qui alimenterait son émission, son journal, son intervention au micro. (...)

Puis, lorsque tout cela était calé, que ce travail de fourmi était fini, venait le temps de l’entrée en scène de l’autre artiste, l’animatrice, le casque sur les oreilles, le micro devant la bouche. De mon côté, retranché avec le technicien, derrière les vitres insonorisées du studio, j’observais. Dès que la lumière rouge s’allumait, interdiction de rentrer dans la pièce, ma tante s’épanouissait ! Le micro, le direct, les lancements d’interview… Elle était bien, heureuse de faire ce métier !

Sylvain Coulon



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