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  • Le Bateau Ivre

Pierre-Henri Simon et Jean-Didier Wolfromm, à propos de Vie d'un Païen et de La Liberté en croupe

Mis à jour : juin 4

(Katalin PERRY dir.), LIRE JACQUES PERRY

collection Amarante, 200 pages, 20 €

distribution Sodis


Pierre-Henri Simon, à propos de « Vie d’un païen » (Le Monde, 1968)

[…] Si ce qui fait, somme toute, le romancier, c’est une aptitude à brasser fortement la pâte de l’existence, à créer des personnages, à remuer des passions, à retenir le lecteur constamment suspendu entre le plaisir de sentir et celui de comprendre, en composant une langue fluide et naturelle pour rouler tous ces flots du vrai humain, Jacques Perry est un maître du genre.

[…] Jacques Perry est, avec H.-F. Rey, le grand romancier dionysiaque de sa génération, à cette différence près, qui est considérable, que la frénésie de vivre est chez Rey anxieuse et morbide et chez Perry chaleur du sang, accord joyeux aux forces universelles.

Avouerai-je qu’en un temps où les plus intelligents, qui sont souvent les plus froids, ne savent quelles théories inventer pour y corseter l’homme dans l’impuissance et la détresse, j’éprouve comme un repos et une revanche à rencontrer un romancier qui pense que le plus important de la vie ce ne sont pas les structures qui la figent, mais les élans qui la soulèvent ? [...]

Jean-Didier Wolfromm, à propos de « La Liberté en croupe » (Magazine littéraire, 1969)


[…] Dans ce roman, chacun s’attend et se rencontre et se quitte et se découvre, avec une fougue, une foi, qui soulèvent la plus infranchissable des montagnes, celle des habitudes et des idées reçues.

Cet Hermès qui met tranquillement le feu aux poudres de la société, c’est M. Jacques Perry lui-même, peut-être depuis que, grâce au succès de la « Vie d’un païen », il a redécouvert un style et une force d’écrire. Et ce qu’il nous dit, M. Perry, c’est que la révolution est en nous. Ce n’est pas par hasard qu’en toile de fond de ce roman individualiste et égoïste se déroulent les événements de mai…

[…] Mais quelle gaîté, quelle ampleur… et quelle technique, tout sert sans contraindre, point ici de verbiage trop habile, de cet équilibrisme de parade, de ces jeux de mots sans filet : on y respire à l’aise.


Jacques Perry, 1976 (Getty)

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