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  • Le Bateau Ivre

Sinueuses


Juste une route dans l’empreinte sinueuse d’un dos qui invite à le suivre.

L’œil s’arrête sur une cicatrice de trois centimètres. Que la main voudrait approcher. Passer à travers l’image. Aller dedans. Dans le cadre. De l’autre côté. Toucher. Effleurer. Ne pas abîmer. Être dedans. Avec lui. Dedans. Ne pas pervertir la courbe. La laisser dans cet axe. Axe superbe. Longiligne. Juste suivre et aller dans la même direction que ce dos. Dans la même direction que toi. Le dos à oreilles percées. Je te suis. Toi, le dos retourné. Je te suis. Toi et tes lignes sinueuses. Je te suis sans attendre ton invitation. Tes épaules. Tes coudes. Tes reins. Comme une invitation à un voyage clandestin. Je te poursuis. Toi, le dos retourné. Je te poursuis encore sur des routes sinueuses. Je te devine. Je t’articule. Je te mets dans le mouvement. Je t’arrête. Et tu me survis au-delà des frontières de cet œil qui scrute, qui scrute encore. Du bout de l’index. Je te poursuis une fois encore. Sans un mot. De ce côté là. Enfermée dans le silence d’une page. Un soir d’hiver. Un verre de vin. Au bout des lèvres.

Pauline CATHERINOT, Variation 9 (féminin), extrait de " Étoffe même du corps " (Pièce en dix variations entre féminin et masculin)

in " MUSE TOI-MÊME ! " Anthologie arbitraire de poésie féminine au XXIe siècle

NADINE AGOSTINI, EDITH AZAM, PAULINE CATHERINOT, ANNE-MARIE JEANJEAN, EMMANUELLE K., CLAUDIE LENZI, ALICE POPIEUL, Textes choisis et présentés par GUILHEM FABRE

Collection Ocre Mer, 14 €

(David)

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