Rechercher
  • Le Bateau Ivre

Thierry Paillard, Antigone 2020

Postface de Jean-Philippe Milet Illustrations de Gabriel Pollet

Une nouvelle Antigone donc – une de plus ? A moins que la richesse du thème ne soit telle qu'il ne puisse y avoir une seule Antigone : il y a, c'est mon hypothèse, de toute nécessité, plus d'une Antigone. Comme si Antigone était vouée ou destinée à se répliquer, et en même temps, à se renouveler, à s'altérer, tout en demeurant reconnaissable à travers la multiplicité de ses figures. Je voudrais tenter de la faire apparaître la nécessité de « plus d'une Antigone » à travers une relecture des Remarques sur les traductions de Sophocle de Hölderlin, et je voudrais partir de cet éclairage pour avancer en direction de l'Antigone de Thierry Paillard, non pour la comprendre à partir de Hölderlin, mais pour tenter d'en saisir la variation singulière, pour entendre une différence d'accent. Différence d'accent qui ne signifie pas que l'Antigone dont la tragédie de Sophocle donne un coup d'envoi initial et décisif soit méconnaissable : elle demeure reconnaissable à travers l'interprétation de Hölderlin, qui vient dans le contrepoint de ses traductions d'Oedipe et d'Antigone ; à travers une version adaptée de Hölderlin, celle de Berthold Brecht, elle-même adaptée au cinéma par Jean-Marie Straub et Daniele Huillet1. Mais reconnaissable, elle pourrait bien l'être comme capable de se réinventer, et de réapparaître en plus d'une œuvre. Comme si Antigone était ce qu'elle est à plus d'un titre – chaque fois Antigone, dans une œuvre intitulée Antigone ; et chaque fois singulière, variant ses profils, selon sa nécessité, c'est-à-dire selon son destin. Jean-Philippe Milet (postface)

9791092622461, collection Ocre mer, 152 pages, 18 €, distribution Sodis

5 vues0 commentaire