Rechercher
  • Le Bateau Ivre

La dériveuse

Mis à jour : févr. 23


Sans doute Jacques Sternberg demeure-t-il connu et célébré à juste titre par un public averti.

Quand Dorothée Blanck, sa Muse, dont nous avons réédité l’ouvrage emblématique « La Dériveuse », reste dans l’ombre.

Pourtant, la documentation disponible sur sa carrière, sa vie et ses écrits est riche et abondante.

C'est ainsi qu'en parle Madame Tilly Richard, dans un des nombreux articles qu’elle lui a consacré sur son blogue en 2009 :


« Dorothée Blanck est née en 1934. Elle blogue depuis 2004 ! Et tient un journal depuis bien plus longtemps sans doute. Plusieurs billets par jour, chaque jour, tous les jours. Des extraits des livres qu'elle a publiés, des liens vers des billets d'actualité culturelle variés, des notes personnelles. Et ce n'est pas tout, Dorothée a une page Myspace [aujourd’hui disparue]. Ce que l'on y trouve est fascinant, hypnotisant, infiniment touchant.


Qui est Dorothée Blanck ?

Danseuse, modèle, comédienne (films de Renoir, Demy, Varda, Bresson, entre autres), écrivain, Dorothée a été, est toujours, d'une beauté sidérante. Sois belle et tais-toi ! C'est l'avenir qui semblait être réservé à la petite fille née dans une prison allemande, d'une maman polonaise détenue politique, ensuite élevée dans différents foyers, le plus souvent séparée de ses parents. L'injonction stupide devient cruelle quand on sait que Dorothée, enfant, était devenue progressivement sourde. Jeune adulte elle est finalement opérée avec succès, recouvre l'ouïe, réapprend la parole articulée, prend des cours de comédie pour consolider sa guérison.

Dans les années soixante j'étais une petite lycéenne de banlieue, on n'avait pas encore la télé à la maison, je lisais beaucoup, et j'allais un peu au cinéma. Je n'étais pas très yéyé. Je ne cherchais pas à ressembler à Sylvie Vartan, à France Gall ou à Marianne Faithfull. Je me souviens que je trouvais belles : Irène Tunc, Valérie Lagrange, Delphine Seyrig, Anouk Aymé. A cette époque elles étaient les aînées de quelques années des soeurs Dorléac. Dorothée B. a tourné dans Lola, Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort. Cléo de 5 à 7, je l'ai vu plus tard, au ciné-club de la fac, sans doute. Dorothée Blanck n'a jamais eu de rôle de tout premier plan, elle n'est pas devenue à proprement parler une icône de la Nouvelle Vague, mais elle a surfé, dérivé sur la déferlante, libre et belle.


Pourquoi la Dériveuse ?

Parce qu'elle a beaucoup aimé un... Dériveur. Parce qu'ils qu'ils ont navigué ensemble longtemps dans la vie, comme sur les courants argentés de la Manche. Le Dériveur, c'était le surnom donné à Jacques Sternberg, écrivain nouvelliste de science-fiction. Elle ne fut pas son épouse. Les billets sur son journal au moment de la mort du Dériveur en octobre 2006 à l'age de 83 ans, sont infiniment touchants. C'est une des rares fois ou l'on trouve un commentaire sur le blogue de Dorothée B., celui de Jean-Pol Sternberg, le fils du disparu.

Dorothée et Jacques croisaient-ils Françoise Sagan et sa bande à Trouville ? Marguerite Duras et Yann Andrea ? Sans doute pas, car ceux-là étaient loin d'être des sportifs, contrairement à Dorothée B ! Pendant vingt ans, tout en écrivant des romans, Dorothée a donné des cours de yoga... au Club Med. Là encore, la dérive de la vie est jolie, saine, hédoniste, le bord est tiré sans aigreur, avec optimisme. »



Depuis, Dorothée Blanck s’est éteinte le 16 janvier 2016, dans le plus grand dénuement, après avoir partagé toute sa vie entre sa soupente parisienne (sous le nom de laquelle elle publiait ses livres) et sa caravane de Trouville, où elle retrouvait Jacques Sternberg et son dériveur. Un mois plus tôt, elle écrivait encore sur son blog Journal d’une dériveuse, après avoir longtemps distribué ses livres au hasard des rencontres, comme elle avait coutume de le faire, et confié leur destin au réalisateur Jérôme Reybaud, qui co-anime le site qui lui est consacré.


« Comment mettre un pas devant l'autre, vivre, habiter ce monde ? Comment se laver quand on n'a pas de salle de bain ? Comment vivre sans travailler ? Comment se déplacer dans Paris ? Comment aimer sans posséder ? Comment porter sa tête avec la même grâce ? Comment conserver le pas, ce pas léger et libre ? »

(Jérôme Reybaud, Préface)


DOROTHÉE BLANCK, LA DÉRIVEUSE Texte établi par Jérôme Reybaud

9791092622416, Collection Bleu soleil, 216 pages, 18 €, distribution Sodis



Dorothée Blanck a publié :

Une chambre pour un moment, Denoël, 1991

Et pourtant il tourne, la Soupente, 2001

Rêves : érotiquement vôtre, la Soupente, 2002

L'Attente du père, la Soupente, 2005

La Dériveuse, précédé de Club Med, la Soupente, 2005

La Dériveuse, (texte établi par Jérôme Reybaud), Le Bateau Ivre, 2018


Deux courts métrages lui ont été consacrés (ci-dessus) :

Qui êtes-vous Dorothée Blanck ? d’Haydée Caillot (1986)

À tous mes jules de Emilie Rosas

ainsi que le roman de Stéphane Héaume, Dernière valse à Venise, chez Serge Safran.


Autres liens :

Wikiwand

Le Fond du tiroir

Le coin du cinephage




55 vues
 

Formulaire d'abonnement

  • Facebook

©2019 by Editions Le Bateau Ivre. Proudly created with Wix.com